18 septembre 2009

Sciences sociales et immigration

Séminaire
Sciences sociales et immigration (2009-2010)
Choukri Hmed (Dauphine, IRISSO), Alexis Spire (CNRS, CERAPS) et Claire Zalc (CNRS, IHMC)
Vendredi de 14 h à 16 h (ENS, salle 8, Campus Paris-Jourdan, 48 bd Jourdan 75014 Paris)
L’émergence de l’immigration comme enjeu du débat public a contribué à ennoblir cet objet de recherche, longtemps considéré comme illégitime. Les succès électoraux du Front National, les réformes successives de la législation sur l’entrée et le séjour et l’inflation des discours médiatiques et politiques sur l’intégration, puis sur les discriminations, ont placé l’immigration au cœur de controverses scientifiques et politiques. L’objectif de ce séminaire, ouvert à tous (et particulièrement aux étudiants de master et de doctorat), est de restituer la genèse sociale des concepts et des enjeux mobilisés dans ces débats, grâce à la présentation de travaux scientifiques récents.
Pour cela, nous avons choisi d’adopter une perspective résolument pluridisciplinaire. À chaque séance, l’intervenant proposera un texte, support à sa présentation, qui sera soumis à un discutant chargé d’introduire le débat avec les participants au séminaire. On s’efforcera de privilégier les travaux fondés sur des matériaux empiriques (archives, entretiens, terrains d’observation) et de centrer la discussion collective sur les apports de la conférence et sur les questions soulevées par la méthodologie et les concepts utilisés.
Le renouvellement du regard porté par les sciences sociales sur l’immigration sera appréhendé autour de trois grands axes thématiques. Tout d’abord, la genèse des politiques publiques d’immigration sera étudiée en redonnant toute sa place à l’action de l’État et à l’origine sociale des acteurs. Par ailleurs, de nombreux travaux français et anglo-saxons s’intéressent désormais au poids de l’histoire coloniale dans la généalogie des discours, des enjeux et des pratiques relatifs à l’immigration. Nous tenterons de mettre en débat ce regard croisé entre histoire migratoire et histoire coloniale. Enfin, si la prise en compte des différentes institutions étatiques constitue un apport incontestable de l’historiographie récente, l’histoire de l’immigration ne saurait se réduire à l’exercice unilatéral du pouvoir de l’État sur les étrangers : elle se décline également selon les trajectoires des migrants et selon les stratégies qu’ils déploient tout au long de leur séjour dans la société d’accueil.
Les textes des intervenants sont en ligne deux semaines avant le séminaire sur le site du Campus Jourdan : http://www.paris- jourdan.ens. fr/semina/

Programme

13 novembre 2009 : Introduction, par C. Hmed, A. Spire, C. Zalc

4 décembre 2009: Audrey Célestine : « "Entièrement à part?" Eléments d'analyse autour d'une sociologie des migrations antillaises en France ». Discutante : Nancy Green

8 janvier 2010: Jérôme Berthaut, « La "rédaction" comme instance de socialisation professionnelle au "journalisme en banlieues"». Discutant : Alain Dewerpe

19 février 2010: Jean-Philippe Namont : « La Colonie et les Tchécoslovaques de France. Sentiment d'appartenance, discours et relations de pouvoir (1914-1940) ». Discutant : Philippe Rygiel

12 mars 2010 : Narguesse Keyhani : « L'émergence et la transmission d'un savoir sur "l'interculturel" au service de la politique française de l'immigration : le rôle des formateurs ». Discutante : Laure Pitti

2 avril 2010 : Jean-Philippe Dedieu, « Immigration- Développement. La construction d'une politique publique ». Discutant : Sylvain Laurens

7 mai 2010 : Cédric David : « Immigration familiale et politique locale du logement social à Saint-Denis, 1945-1990 ». Discutante : Françoise de Barros

4 juin 2010 – Présentation des travaux des étudiants du séminaire

13 juillet 2009

Au-delà des migrations de travail : Les réseaux de migrations et les espoirs d’ascension sociale

14e table ronde organisée par le groupe franco-allemand d’histoire sociale comparée


colloque 27/05/2010 - 28/05/2010
Délai : 15/09/2009

Depuis longtemps, l’importance des réseaux a été soulignée dans les recherches sur les migrations et a été établie empiriquement sur de nombreux terrains. Les liens de parenté et les origines géographiques communes constituent en général les bases principales des relations sociales, auxquelles un rôle important revient souvent dans les mouvements migratoires : des informations, mais aussi des appuis matériels peuvent être mobilisés à travers des réseaux étendus et offrir une aide déterminante. La recherche historique s’est cependant souvent contentée de décrire les réseaux et a ainsi négligé explicitement ou implicitement la question de leurs apports. Cette table ronde envisage au contraire de se demander plus ouvertement dans quelle mesure et dans quelles situations concrètes les réseaux de relations peuvent être une ressource ou une contrainte. Un intérêt particulier doit être ainsi porté à des questions qui dépassent la seule migration classique de travail. La plus grande part des migrants, des femmes aussi bien que des hommes, depuis le XIXe siècle a certes d’abord cherché des emplois salariés dans l’agriculture, l’industrie, les mines et dans les services. Mais le rêve de beaucoup d’entre eux était d’établir les bases d’une ascension sociale pour la génération suivante, notamment en accédant. à un statut de travailleur indépendant. Quelles chances avaient-ils d’y parvenir ? Quelles opportunités offre une installation à son compte comme commerçant, restaurateur ou artisan spécialisé ? Qu’en est-il pour les femmes ?

Quel rôle ont pu jouer les réseaux dans cette entreprise ? Les migrants ont-ils dans leurs activités d’abord servi leur propre communauté ? Dans quelle mesure et sous quelles conditions sont-ils parvenus, avec des produits de consommation ou des services spécifiques ou non, à réussir dans la société d’accueil ? Quelle importance a eu ici la famille et quelles ont été les conséquences pour les relations entre les sexes ? Plus largement, quelles ont été pour les migrants les possibilités d’ascension sociale dans la société d’accueil ? Dans quelle mesure ont-elles évolué pour la deuxième ou troisième génération ? Quel rôle y ont joué les réseaux internes à la communauté de migration ? Ont-ils été une ressource, ou les migrants devaient-ils au contraire plutôt s’affranchir de leurs contraintes ?

À partir de ces interrogations, des propositions sur les thèmes suivants sont particulièrement bienvenues :

  • apports et contraintes des réseaux familiaux ;
  • conditions de réussite d’une économie ethnique ;
  • les entrepreneurs migrants et leur rôle dans l’économie du pays d’accueil ;
  • possibilités et limites de l’ascension sociale de migrants ;
  • ascension sociale et réseaux familiaux.

Le cadre chronologique retenu est celui du XIXe et du XXe siècle, jusqu’aux temps les plus présents. Il n’existe aucune restriction relative aux territoires abordés, qui ne doivent pas se limiter à l’espace franco-allemand. L’appel s’adresse aux historiens comme à l’ensemble des chercheurs en sciences sociales et en anthropologie travaillant dans une perspective historique.

Avec le concours de la Fondation Maison des Sciences de l’homme, du Centre national de la recherche scientifique et de la Deutsche Forschungsgemeinschaft, le groupe franco-allemand d’histoire sociale (XIXe et XXe siècles) a organisé depuis 1987 des rencontres scientifiques de jeunes historiens français et allemands Comme les précédentes, cette table ronde a pour objectif de confronter des recherches en cours présentées par de jeunes chercheurs (doctorants et post-doctorants). Des chercheurs confirmés rapportent sur les textes proposés. Deux langues de travail (le français et l’allemand) sont utilisées, avec traductions-résumés consécutives dans l’autre langue si nécessaire. Les propositions de communication doivent être soumises avant le 15 septembre 2009 et ne pas dépasser une page. La sélection définitive des intervenants sera effectuée conjointement par les organisateurs allemands et français. Le système de présentation sous la forme de rapports nécessite que les textes soient envoyés impérativement avant le 15 avril 2010. Les propositions puis les textes soumis peuvent être en allemand ou en français par mail à : herve.joly ish-lyon.cnrs.fr

Organisation :

Hervé Joly, CNRS, LARHRA, université Lumière Lyon 2
Jörg Requate, Universität Bielefeld
(avec Sylvie Schweitzer, LARHRA, université Lyon 2)

Groupe franco-allemand d’histoire sociale comparée :

Hinnerk Bruhns, CNRS, CRH, EHESS
Alain Chatriot, CNRS, CRH-AHMOC, EHESS, Paris
Christoph Conrad, université de Genève
Marie-Bénédicte Daviet-Vincent, université d’Angers
Andreas Eckert, Humboldt Universität, Berlin
Patrick Fridenson, CRH, EHESS, Paris
Dieter Gosewinkel, Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung
Heinz-Gerhard Haupt, European University Institute, Florence
Hervé Joly, CNRS, LARHRA, université Lumière Lyon 2
Hartmut Kaelble, Humboldt Universität, Berlin
Sandrine Kott, université de Genève
Jörg Requate, Universität Bielefeld

Dates :

Jeudi 27 et vendredi 28 mai 2010

Lieu :

France, à définir (Paris ou Lyon)





phpMyVisites

13 juin 2009

Assemblée générale annuelle

L'Assemblée générale annuelle de l'association Migractions aura lieu
le mercredi prochain 17 juin à 18h
au 45 rue des Saints-Pères, bâtiment Jacob
(après le hall et la cour), en salle J225, 2ème étage.


Nous vous y attendons nombreuses et nombreux, et surtout enthousiastes!

12 mai 2009

Santé et vie quotidienne dans les foyers de travailleurs migrants


Cliquez sur l'image pour voir apparaitre les détails!
Pour s'inscrire à cette journée, allez ici